CLOVIS est cofinancé par l’Union européenne.
 

Chez Guillaume, la recherche est au service du
développement durable et de l'emploi

La pépinière Guillaume à Charcenne en Haute-Saône est porteuse d'un vaste projet de recherche collaboratif réunissant l'Université de Haute-Alsace, l'Association Technique Viticole de Bourgogne et l'entreprise bourguignonne SEDIAG. Baptisé CLOVIS, ce projet innovant qui bénéficie du soutien des fonds européens recouvre plusieurs aspects. Il vise à mettre au point un kit de détection des pathologies de la vigne, à assainir les plants existants, les rendre moins sensibles aux agents pathogènes, et produire grâce à une sélection minutieuse, des plants de vignes adaptés au changement climatique en cours. C'est précisément le cas ici : " nos recherches portent sur le cépage Pinot Noir, indique Martine Delbos, la PDG de la pépinière Guillaume.

Notre spécialité

Ce travaille de recherche nous permettra d'offrir aux viticulteurs des pieds de vignes plus résistants. " Qui dit plus résistant, fait évidemment référence aux produits phytosanitaires. Grâce aux innovations apportées, les viticulteurs pourront se mettre en conformité avec leurs engagements de réduire de 50% l'utilisation de produits chimiques d'ici 2018. Un atout considérable. Mais ce n'est qu'une première étape d'après la dirigeante : " une fois développé, ce projet nous permettra d'élargir nos marchés. Car après le Pinot Noir, ce système sera déclinable à d'autres cépages. Notre savoir-faire deviendra alors incontournable pour de nombreux professionnels du vin ". Un programme majeur pour la compétitivité de l'entreprise qui devrait entraîner la création d'emplois dès que l'activité se sera développée grâce à cette innovation. Pour ces travaux de recherche, le projet CLOVIS bénéficie de 227 000 € de fonds européen sur un coût total de 1,159 M€.

1895 : au coeur d'une Franche-Comté qui voit alors son vignoble décimé par le phylloxera, Albert Guillaume commence à greffer la vigne en créant une pépinière, les Pépinières Guillaume. 2010 : dans le cadre du Grenelle de l'environnement, initié dans un contexte de changement climatique, la viticulture se voit contrainte de réduire ses intrants d'environ 50% au cours des huit prochaines années, alors que de plus en plus de molécules, utiles à la préservation des récoltes, sont retirées du marché. Risquant ainsi de se retrouver tôt ou tard dans une impasse technique, les Pépinières Guillaume lancent CLOVIS, un projet labellisé par Vitagora® et financé par le Fonds Unique Interministériel (FUI ). Objectif : développer des plants de vigne plus tolérants et moins sensibles aux maladies, ce qui permettrait ainsi de limiter le recours aux intrants chimiques tout en optimisant la qualité du raisin.

Trois partenaires autour des Pépinières Guillaume

Au cours de ces deux dernières décennies, les Pépinières Guillaume, dont les dirigeants ont toujours si bien su conjuguer tradition et innovation, ont privilégié la recherche et la sélection génétique. C'est donc tout naturellement que le projet CLOVIS a émergé au sein de cette entreprise quand il a fallu imaginer une solution pour éviter de se retrouver dans l'impasse technique vers laquelle les engagements pris dans le cadre du Grenelle de l'environnement risquent de conduire la viticulture. " Nous avons donc décidé de produire des plants de vigne qui soient plus tolérants et moins sensibles aux maladies. Et pour y parvenir, nous avons opté pour une voie consistant à explorer la diversité génétique des vieux cépages ", explique Pierre-Marie Guillaume. Rappelons qu'au fil des années, des mutations épigénétiques se produisent parmi les plants de vigne. Ainsi certains donnent un raisin à la peau plus épaisse ou des grappes plus compactes. D'autres sont moins sensibles au botrytis, un champignon phytopathogène, ou ont la capacité à produire des stilbènes, une famille de polyphénols naturels dont le resvératrol.

VITAGORA®, la plate-forme idéale pour monter CLOVIS

Quatre années, c'est à la fois long mais aussi très court quand on sait que la vigne demande déjà trois ans avant de produire du raisin. " Cela dit, nous allons essayer d'accélérer la sélection en utilisant des marqueurs génétiques ", précise Pierre-Marie Guillaume. Reste que CLOVIS ne constituera qu'une étape. Car aussi excellents soient les résultats obtenus, il faudra encore les évaluer. " Mais il s'agit d'une étape très importante dont le montage a été facilité par le pôle Vitagora®. Celui-ci constitue en effet une plate-forme idéale pour monter ce type de projet qui regroupe nécessairement des entités publiques et privées ", estime-t-il. Nul doute Avec CLOVIS et le soutien de Vitagora®, les Pépinières Guillaume, en compagnie de ses trois partenaires, risquent d'écrire une nouvelle page de leur histoire qui fera date.